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Aux
limites du Bordelais et de la Saintonge, ce terroir de cinquante
mille hectares, avec ses étangs
et ses ruisseaux, respire le mystère.
Jean Malburet
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Délimitée par l'Isle au sud et la Dronne au Nord, la forêt de la Double constitue un terroir à elle seule. Ces deux rivières aux eaux tranquilles serpentent tout doucement, emprisonnant un plateau ondulé et humide où les arbres ont trouvé un domaine de prédilection. Les sables et les argiles tertiaires de ses sols favorisent la présence de l'eau, courante quand elle glisse au creux de petits lits ombragés ou encore stagnante dans des étangs creusés par des moines au Moyen-Age. |
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De longue date l'homme a fait de cette terre secrète, couverte de pins maritimes, de chênes et de fougères qui virent à l'ocre dès la fin de l'été un univers de légendes, dont s'est inspiré Eugène Le Roy, l'auteur de Jacquou le Croquant, pour écrire L'Ennemi de la Mort. Réputée pour être inhospitalière, avec ses marécages insalubres et ses sous-bois sombres, la Double a longtemps offert ses arbres aux tonneliers, charbonniers, potiers ou verriers de la région.
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De nombreux marais ont
été asséchés et de petites routes parcourent
maintenant le massif, reliant les clairières de lande ou paissent
parfois de petits troupeaux de vaches.
Quelques fermes perpétuent la tradition de l'élevage de volailles grasses pour la production d'excellents confits et foies gras. Les étangs sont couverts de nénuphars et possèdent presque tous quelques cabanes utilisées par les pêcheurs de carpes et de tanches. Les villages, installés sur le pourtour de la forêt, présentent pour la plupart, des témoignages intéressants sur le passé local : églises romanes, ponts médiévaux, manoirs et gentilhommières coiffées de lauzes, maisons rurales à colombage et torchis ou échoppes blanches du Bordelais. |